
Crédit : François Mauplot
À travers cette exposition, François Mauplot nous propose une déambulation dans une galerie de portraits, portraits d’outils de pierre taillés préhistoriques, il y a 400 000 ans.
Comme dans la plus pure tradition du portrait, la photographie succède au dessin et François Mauplot a souhaité confronter les deux aspects de la représentation de l’objet préhistorique en juxtaposant le dessin scientifique aux photographies plasticiennes.
Les deux représentations du même objet sont-elles en conflit, s’opposent-elles ?
Le dessin, conforme à une application stricte d’une normalisation des signes est dénué de toute interprétation de son auteur, il se doit d’être lu et identifié de manière objective. Toutefois le dessin typologique peut révéler une esthétique graphique. La photographie de François Mauplot joue d’une très grande liberté avec l’objet. La manipulation de la lumière révèle les textures, les fractures, les formes des outils. Ses portraits photographiques sensibles en noir et blanc et les dessins de « cailloux taillés », tous issus du site de Terra Amata (choppers, chopping-tools, bifaces, hachereaux, etc.), révèlent ensemble une esthétique formelle, très moderne.
Le monde des images est toujours, ou presque toujours, un milieu sous tension ; il est fait de confrontations, de contradictions, voire de conflits. Les images apportent des preuves, des doutes ; elles véhiculent autant de vérités que d’illusions. Elles sont tout autant le témoin de l’instant, que son interprétation. Les images cherchent à apporter des preuves visuelles de faits, d’objets, de situations, mais aussi de sentiments. Elles parlent souvent mieux que nos mots.
On reproche souvent à l’image d’être trop documentaire, mais il est des domaines où nous lui demandons de n’être que documentaire.
La production d’images dans le monde scientifique a toujours existé, tant pour témoigner, identifier, certifier, cataloguer, classifier. Dans un premier temps essentiellement dessiné, quelques fois colorées, les images sont aujourd’hui le plus souvent photographiques. Rares sont encore les disciplines où le dessin est associé à la photographie. L’archéologie et la préhistoire conservent les deux représentations des objets qu’elles étudient afin d’en proposer une description visuelle formelle.
Pour alimenter les confrontations et les contradictions, l’intention de cette exposition est de juxtaposer deux regards diamétralement opposés. L’un est à vocation descriptive et sans aucune interprétation de la forme de l’objet alors que l’autre recherche le subjectif et le sensible dans une contrainte de lecture plastique et esthétique.
En conflit, les deux images s’attirent et se repoussent. Le dessin, conforme à une application stricte d’une normalisation des signes, est dénué de toute interprétation de son auteur, car il se doit d’être lu et identifié de manière objective. Toutefois, le dessin typologique peut révéler une esthétique graphique. La photographie de François Mauplot joue d’une très grande liberté avec l’objet, la manipulation de la lumière révèle les textures, les fractures, les formes des outils.
Ses portraits sensibles de « cailloux taillés » il y a 400 000 ans : choppers, chopping-tools, bifaces, hachereaux, etc. révèlent une esthétique formelle, très moderne.
Confronter le dessin typologique descriptif codifié, universellement utilisé par les préhistoriens et les lithiciens, aux photographies noir et blanc, certes formelles par leur minimalisme, mais empreintes d’esthétique et peut-être de poésie, oriente toute l’intention scientifique et artistique de cette exposition.
François Mauplot, avril 2024







