Evolution humaine
Musée de paléontologie humaine de Terra Amata
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EXPOSITIONS TEMPORAIRES

Les techniques modernes de production du feu

Le briquet Döbereiner eut un certain succès dans les salons au XIXe siècle
Le briquet Döbereiner eut un certain succès
dans les salons au XIXe siècle
(cliché : P. Boutié).

Les savants de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle vont rivaliser d'ingéniosité pour créer de nouveaux modes d'allumage du feu. Ainsi, à la fin des années 1770, le célèbre physicien italien Volta proposa un briquet fondé sur la mise à feu de l'hydrogène grâce à des étincelles électriques. En 1823, Döbereiner perfectionna ce procédé pour créer un briquet de table à usage domestique. Ce dispositif produisait son hydrogène à partir de l'attaque du zinc par de l'acide sulfurique. L'hydrogène restait alors sous pression dans le corps du briquet. Une éponge de platine servant de catalyseur, une flamme était produite instantanément en ouvrant le robinet qui retenait le gaz.

De nombreux autres principes physico-chimiques furent mis à contribution pour créer des briquets. On peut ainsi évoquer des briquets fondés sur une réaction chimique, comme le briquet oxygéné ou le briquet au sodium. D'autres systèmes mettent à profit une étincelle généralement produite grâce à l'électricité statique (briquet à hydrogène, briquet à alcool de Mayr, briquet à alcool et éther de Hess). Une autre famille de briquets électriques tire partie de l'incandescence d'un fil de platine traversé par du courant (briquet de Klinkerfues, briquet de Satune, briquet de Voisin et Dronier, briquet Luminus).

Le briquet à émeri annonce les briquets actuels
Le briquet à émeri annonce les briquets actuels,
collection privée (cliché : B. Roussel).



Vers 1889, apparaissent les briquets à amorce. Ils reposent tous sur le même principe. Il s'agit de percuter une amorce à base de fulminate de mercure qui enflamme une mèche parfois imbibée d’essence. Les capsules chimiques sont réparties sur un ruban ou sur des rondelles de papier.
En 1878, Joseph Vaudaine met au point et commercialise un système d'allumage fondé sur la friction d'une roulette d'émeri (minéral dur contenant du corindon) sur des plaques métalliques. Les gerbes d'étincelles produites mettaient le feu à une mèche de coton.

 

Depuis l'époque romaine, les allumettes soufrées complètent le briquet à silex pour passer de la combustion lente de l'amadou à une véritable flamme. Grâce aux travaux sur le phosphore de Robert Boyle (1627-1691), un nouveau système bien pratique va voir le jour, près de cent cinquante ans plus tard.
Au début du XIXe siècle, plusieurs procédés chimiques d'allumage du feu annoncent les allumettes modernes. Ainsi, le briquet oxygéné (découvert par Chancel en 1805) mettait en œuvre du chlorate de potassium, du soufre et de l'acide sulfurique, alors que le briquet phosphorique (inventé par Derosne avant 1816) mettait déjà à profit la grande inflammabilité du phosphore.
En 1827, un procédé simple apparaît enfin. Le britannique John Walker (1781-1859) met au point les premières allumettes à friction. Elles consistaient en un bâtonnet de bois dont l'extrémité était enduite d'un mélange de chlorate de potassium, de sulfure d'antimoine, de gomme arabique et d'amidon. S'allumant par frottement sur du papier de verre, elles restaient difficiles d'emploi.
L'invention des premières allumettes au phosphore en 1831 est le fait d'un jurassien originaire de Poligny : Charles Sauria (1812-1895). Leur bouton était composé de phosphore blanc, de chlorate de potassium et de soufre. Ces premières allumettes phosphoriques étaient redoutablement efficaces… mais très dangereuses ! Elles s’enflammaient au moindre frottement, ce qui donna lieu à de nombreux accidents.
La fabrication de ces allumettes n’était pas sans danger : la manipulation du phosphore blanc entraînait des cas de nécrose de la mâchoire chez les ouvriers. Au milieu du XIXe siècle, on trouva une solution à ce problème en remplaçant le phosphore blanc par le phosphore rouge. Le suédois Johan Edvard Lundström (1815-1888) mit le premier au point les "allumettes de sûreté". Il eut l’idée de séparer la pâte inflammable, constituant le bouton de l'allumette, du phosphore blanc qu'il plaça sur la boîte. Dès lors, les allumettes de sûreté ne pouvaient s'allumer que si on les grattait contre la bande dédiée à cet usage. Les procédés de fabrication et les mélanges ont bien sûr été améliorés, mais les allumettes que nous utilisons aujourd'hui fonctionnent toujours sur le même principe.

Les mèches des briquets "à amadou" sont en réalité en coton
Les mèches des briquets "à amadou"
sont en réalité en coton (cliché : B. Roussel).

Le XXe siècle donne le jour à deux grandes innovations dans le monde du briquet : le ferrocérium et le gaz liquide.
En 1902-1903, le célèbre chimiste autrichien Carl Auer von Welsbach réalise une découverte importante pour l'histoire du briquet. Il observe qu'un alliage de fer et de cérium produit de puissantes étincelles lorsqu'il est frotté sur de l'acier. Ce nouvel alliage, nommé "ferrocérium", fut rapidement utilisé dans la production de briquets à molette métallique dentée permettant un allumage aisé d'une mèche de coton. Ce type de briquet est souvent improprement nommé "briquet à amadou". En effet, les mèches ne sont pas en amadou mais en coton.
Grâce au ferrocérium et à la vulgarisation des distillats légers du pétrole, le briquet à essence se développe au début du XXe siècle. Ce type de briquet est commercialisé sous des formes variées. Il sera d'ailleurs particulièrement en vogue durant le premier conflit mondial avec les célèbres "briquets de tranchées". Après la guerre, des briquets semi-automatiques, puis automatiques, voient le jour. Il n'est alors plus nécessaire de faire tourner la molette : l'ouverture du capot déclenche le mouvement de celle-ci et la flamme apparaît.

Le briquet à méthanol fait partie des systèmes originaux d allumage du feu inventés au XXe siècle
Le briquet à méthanol fait partie des systèmes originaux
d'allumage du feu inventés au XXe siècle
(clichés : B. Roussel).




Une innovation importante voit le jour peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale. Marcel Quercia et Georges Ferdinand mettent au point en 1948 un nouveau combustible en mesure de remplacer l'essence : le gaz liquide. Par la suite, l'amélioration des systèmes de valve favorisera le succès du briquet à gaz qui ne s'est d'ailleurs pas démenti depuis.

De nombreux autres systèmes d'allumage du feu seront inventés durant le XXe siècle, comme le briquet à méthanol et catalyseur de platine, les différents briquets électriques, les briquets piézo-électriques ou à quartz, etc.







La conception et la réalisation de cette exposition ont été assurées par l’équipe scientifique du Musée de Paléontologie humaine de Terra Amata avec l’aide d’un comité scientifique et technique comprenant : Paul Boutié (Préhistorien, Université Paul-Valéry, Montpellier III), Bertrand Roussel (Préhistorien, Musée de Paléontologie humaine de Terra Amata), Bénédict Lacavalerie (Géologue, Musée de Paléontologie humaine de Terra Amata), Stéphane Bois (Physicien, Professeur certifié en Physique / Chimie), David Cornu (Physicien, Université Claude Bernard, Lyon I), Samuel Guérin (Egyptologue, Université Paul-Valéry, Montpellier III), Philippe Isenmann (Géographe, Parc Régional de Camargue), Christian-Louis Masson (Mycologue, Société d'Horticulture et d'Histoire Naturelle de l'Hérault), Sylvie Rapior (Mycologue, U. F. R. des Sciences pharmaceutiques et biologiques (Montpellier I) et Colin Lombard (cinéaste).

Cette exposition a été mise en œuvre en partenariat avec le Musée Barla (Nice), la Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale (Nice), le Musée de l'Heure et du Feu (Villerest), le Préhistorama (Rousson), le Laboratoire de Botanique, Phytochimie et Mycologie, U. F. R. des Sciences pharmaceutiques et biologiques (Université Montpellier I), le Laboratoire des Multimatériaux et Interfaces, U. M. R. 5615 du C. N. R. S. / Université Claude Bernard (Université Lyon I), la Société d'Horticulture et d'Histoire Naturelle de l'Hérault (Montpellier), La Paléoassociation (Montpellier) et le Sufco – Montpellier.


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